dimanche 4 novembre 2018

Iron Grappler 2018 - Les Résultats

Super journée que celle d'hier (qui était celle du tournoi annoncé ici)!
C'est toujours un plaisir de voir mes "copains de jeu", et d'en rencontrer d'autres autour d'une console et d'un breuvage frais. Je ne regrette pas que cette fois-ci ça se soit fait avec pour prétexte un tournoi de jeu de baston; il ne faut pas s'imaginer que ça rend les choses plus formelles ou moins conviviales, c'était bien cool.
Fixer ce genre d'objectif, tout débile qu'il est, aura permis de vraiment découvrir ou approfondir un jeu qui est pas forcément le plus connu ni le plus réputé, de largement camper dessus pendant l'après-midi qu'on s'était accordée (ce que je trouve nettement plus sympa que de zapper les jeux, et de se coller des fessées à tour de rôle sur le jeu de prédilection de chacun), et de vivre, même si c'était dans une ambiance détendue et légèrement alcoolisée, le doux frisson de la compétition à couilles rabattues.




Allons-y pour le récit de ce tournoi-dans-mon-salon.
Il commence par l'arrivée de chacun, et l'annonce de son expérience effective du jeu au terme du mois de préavis donné pour se préparer.
- 2 sur 6 n'ont pas touché le jeu ou presque
- 1 sur 6 ne l'a touché que sur un tard
- 3 sur 6 l'ont effectivement pratiqué.

On pressent déjà comme des tendances, du coup. 
Celles-ci s'affinent encore nettement lorsqu' ensuite les 3 qui ont touché le jeu abattent leurs cartes et déclarent jouer:
- Mizoguchi (vrai perso)
- Samchay (vrai perso)
- Marstorius (connerie)

Sur le bon conseil de leur pif ou d'un mentor, les trois novices ont eux choisi:
- Mizoguchi (vrai perso)
- Ray (perso sale)
- Zazie (perso sale)

Le tournoi débute comme il se doit avec un tirage au sort qui naturellement met en poule les gens qui se connaissent le mieux: Mug Superstar (P1-Mizoguchi), moi (P2-Mizoguchi) et Nico (P3-Ray) d'une part; Scrollkidd (P4-Marstorius), Benj (P5-Zazie) et LeGil (P6-Samchay) d'autre part.

L'organigramme du tournoi.


Terminant chacun premier de nos poules respectives, les deux qui paraissaient les mieux barrés sur le papier (LeGil et moi) évitent donc de se rencontrer en demi-finale puisqu'ils y affrontent les deuxièmes de l'autre poule.
Mon perso à fireball rencontre donc le Marstorius-choppeur de Scrollkidd, avec le résultat prévisible.
LeGil et son Samchay péteur de reins rencontre quant à lui le Mizoguchi débutant de Mug Superstar... Et c'est le gag! Victime des lois les plus obscures du genre, Goliath se fait aplatir par David.

Kesta? Kesta-kesta-kesta?

On se retrouve donc avec en finale... Un mirror match de Mizoguchi! Tellement beau, ça ne s'invente pas. Mug Superstar me fait l'amitié de ne pas réitérer son exploit, et du coup, bim, me voici sacré champion de ma propre compétition - les procédés bananiers sont décidément ceux que je préfère. L'honnêteté m'oblige cependant à mentionner en petits caractères que LeGil était sans doute meilleur que moi (on a joué ensemble après, et je me suis fait rincer); mais là encore, ainsi sont les voies impénétrables du jeu de baston, et cette fois-ci c'est à moi qu'elles ont souri.
La petite finale oppose du coup un Marstorius aux dents longues à un Samchay déconfit, certes - mais qui a toujours une fireball. Du coup, c'est quand même bien lui qui gagne, parce que faut quand même pas déconner.
Le match pour la 5e place oppose donc les Ray et Zazie en herbe, et ce sera au final la rencontre la plus sympa à regarder, puisqu'elle se jouera sur le fil du tout dernier match -  et Zazie wins.

Mon pote Nico m'avouera plus tard avoir chié la majorité de ses quarts de tour parce qu'habitué à ne jouer qu'au pad! Ben oui, c'est des trucs auxquels on ne pense pas nécessairement... Il y a plein de joueurs qui n'ont connu le jeu de baston qu'au pad, que ce soit sur consoles ou via les supports d'émulation. C'est malin, tiens. Je vais peut-être essayer de me trouver un pad Neo Geo CD du coup...


Classement final
1 / Johnny16Bit (Mizoguchi)
2/ Mug Superstar (Mizoguchi)
3/ LeGil (Samchay)
4/ Scrollkidd (Marstorius)
5/ Benj (Zazie)
6/ Nico (Ray)

Mes lots de winneure; les copains m'ont gâté :)

Quelques mots également des compétitions secondaires, qui ont été expédiées n'importe comment. Nico et moi gagnons le tournoi en doublette de Mizoguchi Kiki Ippatsu avec notre binôme Mizoguchi/Karnov; LeGil remporte celui de Fighter's History avec son Marstorius imposé face au Jean tout aussi imposé de Scrollkidd. 

Fighter's History: de la balle, je vous le dis. Et je vous le redirai si un jour j'arrive à en finir le test.


vendredi 2 novembre 2018

Tournoi Fighter's History Dynamite - Iron Grappler 2018



Si vous suivez un peu le blog, vous savez que j'aime bien jouer de façon compétitive - même si on ne gagne pas ou ne remplit pas le challenge fixé, ça ajoute une dimension supplémentaire au jeu pratiqué dont je trouve qu'il serait dommage de se priver. Enfin, quand le jeu est fait pour.



Là, le défi, aussi modeste soit-il, m'a d'ores et déjà procuré beaucoup de distraction et d'amusement avant même d'avoir lieu: un tournoi de Fighter's History Dynamite avec des potes.
On sera 6, à ma maison, à s'insulter en sirotant des bières et en bouffant de la pizza au snickers; ça vous situe l'ampleur de l'événement.
Mais ce n'est pas parce que c'est futile que je n'y ai pas accordé de l'attention; je m'y suis préparé autant que j'en avais le loisir. Pas question de se débiner avec des excuses vaseuses: qu'au final je me prenne une branlée honteuse ou pas, bien sûr j'y vais pour la win, comme un bon con que je suis!
Parce que ça aura beau être un tournoi du dimanche, je sais quand même qui j'aurai à la maison: tous des mordus de Versus Fighting, dont 5 ont un système Neo Geo d'une sorte ou d'une autre chez eux. Je ne sais pas quel temps ils ont pu consacrer au jeu, mais je leur fais confiance pour avoir fait de leur mieux aussi selon ce que leur quotidien leur aura laissé comme temps pour se préparer.
En l'état, je me garderai donc de tout pronostic quant aux joueurs - par contre, faire un billet sur quel personnage du jeu brandira selon moi le trophée me fera un souvenir de plus, et piquera peut-être la curiosité de quelqu'un à propos de ce jeu dont le casting est précisément largement décrié.




Qui c'est le pluss forre?

La tier list de Shoryuken, mon site de référence, propose cet échelle:

Top
Ray
Lee
Karnov

Upper-Mid
Zazie
Jean

Mid
Mizoguchi
Samchay
Marstorius

Lower-Mid
Clown
Matlok
Yungmie

Low
Feilin
Ryoko


Seulement ça, c'est pour du tournoi de vrai gros bill. Si on se positionne du point de vue du commun des joueurs, je pense que la donne est pas tout à fait la même.
On est des trentenaires-quadragénaires affairés qui sont pas des e-sportifs et qui ont eu environ un mois pour se mettre le nez dedans, donc l'appréciation des personnages est différente, et les paramètres qui peuvent les mener à la victoire sont un peu différents aussi.



Dans le cas qui nous occupe (le castagneur du dimanche), la facilité à exploiter le potentiel d'un perso doit entrer en ligne de compte. Par exemple, Ray et Lee sont des personnages hyper balaises, et ce qui fait leur force est tout à fait accessible; c'est moins le cas des cochonneries hideuses dont sont capables Karnov, Zazie ou Jean... 
Aussi je dirais que la tier list du dimanche ressemblerait plutôt à un truc comme:

Top
Ray
Lee

Mid
Karnov
Mizoguchi
Samchay
Feilin
Zazie
Jean
Clown

Low
Matlok
Yungmie
Marstorius
Ryoko

Alors qui c'est qui va gagner?

Pour l'instant, je sais juste le perso que (je pense) je prendrai, et celui d'un autre participant. Le reste est supposition. Par exemple, je crois que si vraiment j'avais été à la ramasse pour préparer le tournoi, je me serai dirigé vers Lee ou Ray pour minimiser les risques de branlée - et je pense que ça peut être le cas de quelqu'un, et que ça peut suffire pour qu'un bon joueur aille au bout. Donc une bonne partie du pronostic se fait sur l'attractivité du personnage (qui fera qu'il sera choisi ou non) en plus de ses qualités réelles ou supposées pour aplatir la concurrence. Je les indique en pourcentage (sachant qu'il y a 13 gugusses la moyenne se situera donc à 8%)





Lee - 20%
Enorme. Hyper rapide, capable de mettre une pression dont il est difficile de se défaire et qui peut faire craquer, il cause surtout des dégâts de maboul au moindre combo. Se retrouver stun face à un Lee même modeste, c'est la perte du round quasi-assurée. Mon favori, du coup.

Ray - 17%
Son maniement est familier, il a le combo boule de feu/anti-air qui va bien, son Wheel Kick mérite d'entrer au panthéon des coups des pluss mieux de l'histoire du genre, il a de bons normaux et fait du dégât... Bref, c'est le meilleur perso. Son défaut: la tentation d'abuser des bonnes choses, de spammer et de devenir prévisible et vulnérable.

Samchay - 15%
Il a en commun avec Ray d'avoir un maniement familier, et un spécial excellent (Ti kau kon, un Tiger Knee en mieux). Comme ses coups de pieds sont terribles, et les poings beaucoup moins, la palette de coups utiles est plus retreinte... C'est plus facile à gérer, mais offre moins de flexibilité, et au final un peu moins de potentiel que d'autres - mais comme on n'est pas à la salle Mikado, c'est accessoire. C'est le perso que je voulais prendre pendant un moment, et il est toujours pas dit que je le prenne pas. Mais je sais déjà qu'un participant, LeGil, le prendra. Au moins un, parce que je serais pas surpris que le perso en ait séduit d'autres... 

Zazie - 12%
Ce bonhomme-là a un fonctionnement assez inédit (avec ses petits pas invulnérables, ses pokes, et ses coups de poings brutaux) qui peut s'avérer vraiment abominable. Zazie a moins d'options et de tours de passe-passe que Karnov, mais c'est peut-être justement cette concentration sur une poignée de tactiques qui joueront en sa faveur.

Karnov - 10%
Personnage légendairement craqué! Un bon Karnov qui met la pression, c'est un rouleau compresseur et un torrent d'attaque dans la gueule dont il est bien difficile de s'échapper. Par contre, je ne trouve pas forcément évident de le mener à ce niveau, même si j'avoue ne pas avoir essayé bien longtemps. On va voir si d'autres ont pris le monstre en main.

Mizoguchi - 8%
C'est le personnage que j'ai l'intention de prendre - en tout cas au moment où je tape ces lignes. Il a un set de normaux de Shotoclone, variés, faciles à assimiler et assez efficaces. Il a ses limites (en termes des solutions offensives, et de facilité à se faire punir), mais il a la classe (avec deux "super-coups"  pas super utiles mais qui en jettent) et il n'est pas ridicule en terme d'efficacité (quand il place du combo, les nez saignent).

Jean - 5%
Un perso qui ne paye pas de mine mais a plus d'un tour dans son sac. Il est rapide, saute haut, cogne dur, a des attaques à forte priorité, une glissade diabolique... Et aurait en plus un glitch à exploiter, mais je n'ai pas encore eu le temps de creuser la question. Or, sauf à l'avoir fait, ça reste un perso à charge qui ne sera à mon avis pas des plus attrayants.

Clown - 5%
Dans la petite histoire du jeu comme en action, c'est un combattant vicelard au possible, particulièrement habile en punition, et qui peut s'avérer cauchemardesque dans les mains d'un joueur adroit. Il suffit qu'il prenne un peu d'avance pour mettre complètement la main sur la partie en détruisant tout ce que fait l'autre pour recoller au match; par contre il est vulnérable à cause de son point faible relativement exposé, et le fonctionnement en réponse à l'adversaire a ses limites. 

Marstorius - 2%
Tu veux avoir la classe, tu prends Marstorius. C'est un choppeur exceptionnel, tout ce que Zangief aurait voulu être à la même époque - mais si la réussite est aussi payante que flatteuse, les risques et la précision d'exécution requise pour y parvenir sont grands. Trop. Je soupçonne l'ami Scrollkidd de vouloir l'oser. Ah, au dernière nouvelles, il confirme. Je change mon estimation? ... Borf, je laisse :p

Ryoko - 2%
Aussi dingue que ça paraisse, le casting propose un deuxième personnage de choppe tout aussi rigolo à jouer: la petite Ryoko. Plus petite, plus vive, capable de retourner le round en quelques choppes, elle est elle aussi très gratifiante à jouer. Mais c'est pareil: un pari osé.

Feilin - 2%
La petite saltimbanque chinoise est une bonne surprise pour moi, elle est super intéressante à jouer pour qui aime contrôler l'espace: un projectile au sol, un autre en l'air, un dragon punch (dont un qui court sous les boulettes adverses!), quelques excellents normaux... Elle a presque tout pour elle... Sauf qu'elle fait trop peu de dégâts, et que son point faible est particulièrement exposé. Je ne prendrais pas le risque de la prendre, sauf à vouloir me défiler derrière un "wah, j'ai pris un perso pour de rire, héhé!".

Matlok - 1%
Un perso à charge qui serait un genre de Jean en moins efficace, complètement desservi par ses normaux souvent nases, peu d'anti-air efficace, et une incapacité à causer du gros dégât qui fasse basculer le match.

Yungmie - 1%
Une plaie quand elle est jouée par l'IA, Yungmie est délicate à jouer efficacement, à cause des manip de ses coups spéciaux, qui les rendent moins fiables. Elle a sinon de quoi bien tabasser, mais je pense que sa difficulté de prise en main sera un repoussoir.

Alors, est-ce que je me suis déjà chié dessus?
On verra ça pas plus tard que demain!

lundi 17 septembre 2018

Kamen Rider

Kamen Rider (Bandai)
Test rapide de Kamen Rider sur Super Famicom (Bandai)
Sortie originale: Super Famicom (1993)
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DOBOO LAÏDA KIKK!!!

Jouer, c’est bien gentil, mais de temps en temps il faut aussi savoir se cultiver, un petit peu. Kamen Rider, le saviez-vous, est une série d’action japonaise du début des années 70 qui a largement contribué à définir le genre du Super Sentai. Si votre cerveau de petit enfant coupé au bol a été meurtri par les X-OR, Bioman ou autres Power Rangers, vous voyez de quoi il s’agit.
Bien qu’elle ait connu des foultitudes de spin-offs plus ou moins intéressants, c’est la série originale que Bandai a choisi d’adapter sur Super Famicom, 20 bonnes années après sa première diffusion. Déjà à l’époque, le jeu était donc un hommage à une référence vintage – et franchement, je crois qu’on ne peut que valider cette décision.


Takeshi Hongo et Hayato Ichimonji - des humains reconstruits, que dis-je? Des cyborgs!
Pour que vous voyiez un peu comment c'est bien, sachez que les héros de Kamen Rider (Takeshi Hongo et Hayato Ichimonji, respectivement Ichigo et Nigo, ou "numéros 1 et 2") sont des "humains reconstruits" qui se sont retournés contre leur créateur, l’organisation crypto-nazie SHOCKER et ses hordes d’hommes de mains en collants noirs et masque de luchador. Leurs aventures riches en effets spéciaux artisanaux, sauts sur trampoline, terrains vagues insolites et séquences de transformation épileptogènes, se concluent généralement par la mise à mort rituelle d'un ou plusieurs monstres en caoutchouc qui font boum. 

Le jeu offre lui aussi un karaoké du générique original

Le jeu traduit cette action palpitante sous la forme d’un beat them up à la Final Fight s’étalant sur 6 niveaux, que l’on peut affronter, seul ou à deux, en chemisette ouverte et pantalons pattes d’éléphant. Fidèlement à la série, les sbires masqués communiquent par couinements et disparaissent dans de la mousse de bain, on active sa ceinture typhon pour revêtir son costume de sauterelle, et on provoque l’explosion des affreux au moyen d’un "laïda kikk!" bien senti avant de faire face au redoutable Grand Maître Encapuchonné Polymorphe de SHOCKER. Les personnages sont là ; les décors sont là ; les musiques sont là ; les poses, petits détails et animations sont là... Et tout est très réussi !


 Les sprites sont pas très grands, mais il y a plus de 3 ennemis à l'écran. A gauche, regardez: c'est le légendaire Spider Man!
Le jeu en lui-même n’a rien de bien spécial. Au contraire, tous les ennemis se ressemblent, et les bosses et mi-bosses sont régulièrement recyclés – même si c’est cohérent avec la série, ça n’aide pas à créer de la variété. Ce n’est pas non plus le système de combat qui risque de rompre la répétitivité de l'action: il est extrêmement convenu. 

Transformé, on récupère une jauge de vie pleine, des coups en plus, une macro sur L et R et la capacité d'achever les bosses.

Ce qui sauve un petit peu de la monotonie, c’est le rythme des niveaux ; on bondit très régulièrement d’un écran à l’autre, dans des décors nombreux, variés et tout à fait dans l'esprit de la série, pour des confrontations finalement pas si identiques qu’on pourrait le craindre puisque les ennemis ont beau se ressembler, ils n’ont pas tous ni les mêmes comportements ni les mêmes armes dissimulées sous leur collant. Grâce à ça, aux confrontations régulières avec les cyborgs caoutchouteux de SHOCKER, aux petites cinématiques et aux missions bonus entre les niveaux, on ne s’ennuie finalement pas - mais la durée de vie reste assez courte.

Si vous cherchez le jeu, c'est cette cartouche: ne confondez pas avec le jeu de moto SD, vous seriez sans doute déçu.

Kamen Rider est typiquement le genre de jeu qu’il faut apprécier comme un spectacle de pixels dont on est le héros ; c’est aussi un hommage aussi réussi que réjouissant à la série originale. Si vous la connaissez, vous serez conquis par ce jeu Super Famicom qui délivre du fan service par pelletées – et si vous ne la connaissez pas et que votre curiosité est piquée, vous avez peut-être une belle petite découverte à faire.

(j'ai récupéré les captures de parties sur ce streamplay)