mercredi 21 août 2019

Video-club 16bit

Ca m'a pris comme une envie de pisser: soudain, il me les fallait, là, maintenant, tout de suite, et je me demandais comment j'avais pu vivre sans eux jusque là.
Une envie motivée ni par la qualité des jeux, ni par quelque forme de nostalgie ludique que ce soit, puisqu'il s'agissait majoritairement de jeux médiocres ou pire, et auxquels je n'avais jamais touché.


Ce plaisir rétro coupable, c'était les adaptations de films d'action sur 16bit - en tout cas, ceux des stars de mon enfance: Arnold, Sylvester, Jean-Claude, Dolph, Robocop, Terminator, Alien, Predator... J'ai même craqué pour ce bon vieux Kurt Russell et... Ray Liotta (?!?). Bref, les stars des films de SF, de biceps, de couilles sur le nez et de corps criblés de bastos. Même si les jeux étaient nases et inconnus, ils étaient lourds d'anecdotes et de souvenirs, et ils manquaient à ma culture. En plus de ça, lorsque le caprice n'était pas trop hors de prix, c'étaient des objets irrésistiblement attirants.

Harry Tasker en Task Force Harrier. Les mecs avaient un humour de dingue.

Pensez-donc! Le nom de Schwarzenegger entouré de caractères japonais. Des affiches mythiques, comme celles de T2 ou Demolition Man, surmontées du logo Megadrive. Des visuels de nanars cultes dépassant du port cartouche de ma console. Des manuels de jeu étalant fièrement la tronche de mes idoles vieillissantes. Leurs avatars de pixels pétant des tronches sur l'écran de ma Trinitron. Non, fallait pas essayer de me faire croire que j'en avais pas besoin, c'était é-vi-dent!
Ca allait me coûter des ronds, bien sûr, mais ce n'était pas le genre de pulsion qui allait s'assouvir à l'Everdrive.


C'est Van Damme!!! Non, en fait c'est pas vraiment lui - mais il est suffisamment flou pour qu'on y croie. Et PAAAH!

Avec l'aide de forumeurs érudits, j'ai fini par me dresser la liste suivante:

Alien 3
Aliens Vs Predator 
Cliffhanger 
Demolition Man 
Judge Dredd 
Last Action Hero 
No Escape 
Predator 2
Rambo III 
Robocop 3 
Robocop Vs The Terminator 
Stargate
Terminator 
Terminator 2: Judgment Day 
Time Cop 
True Lies 
Universal Soldier 


Plus ou moins arbitrairement (mais plutôt plus que moins), j'en ai donc exclus les Addams Family, Back to the Future 3, Bram Stoker's Dracula, Dragon - the Bruce Lee story, Ghostbusters, James Bond 007, Jurassic Park, Lethal Weapon ainsi que toutes les adaptations DC/Marvel - alors que j'y ai en revanche bel et bien inclus des jeux directement adaptés de comics, parce que leurs héros issus du ciné-musclé m'intéressaient.

J'ai dû aussi me décider sur quelle version (MD ou SNES) prendre, car la quasi-totalité de ces titres étaient des sorties multi-plate-formes... Sachant en plus que dans certains cas, à titre identique (Terminator et Alien 3), le jeu était totalement différent. J'avoue que je n'avais pas trop envie d'avoir de doublons; c'est également pour cette raison que j'ai laissé tomber Terminator 2: The Arcade Game (celui qui se joue au flingue optique) pour lequel je n'avais aucun intérêt. Parfois, c'était une évidence (une version étant réputée très supérieure à l'autre), parfois ça s'est réglé au pif, à l'opportunité, à la compatibilité, à la préférence pour l'emballage, ou au prix. De manière générale, tous ces facteurs ont plutôt tourné en faveur des versions Megadrive (ou Genesis). 


Trop cool pour la rétine.

Pour des raisons de coût, ou parce que j'avais déjà le jeu dans cet état, certaines cartouches étaient en loose. Habiller les cartouches MD n'a pas été bien dur (c'est juste l'affaire de restaurer/nettoyer une vieille boîte moche, et d'imprimer sur une feuille A4 un insert découpé au scalpel et à la règle en fer).
Par contre, l'achat de Timecop a eu des conséquences inattendues. Comme je ne voulais pas avoir ce superbe jeu farci de vrai-faux Jean-Claude sans une illustration de son héros légitime (car pour des raisons de droits sans doute, c'est l'imagerie du Comic d'origine qui est utilisée), je me suis senti obligé de le rhabiller... 




Et du coup de faire la même chose pour mes autres cartouches SFC. Plutôt que de m'encombrer de repros taille réelle, quitte à bricoler, j'ai réalisé des patrons à partir de bêtes tableaux sous Word, que j'ai ensuite imprimés sur du Clairefontaine 210g.




Le résultat d'ensemble, fruit de pas mal de recherches, nettoyages,  réassortiments, restaurations, et bricolages divers est hétéroclite, tant en termes d'état que d'aspect. Comme le rayon crasseux d'un video-club des années 90 - je dirais donc "mission accomplie".

Il y aurait pas mal à dire sur les jeux de cette petite collection idiote; on verra si j'en trouve le temps dans un prochain billet.

lundi 10 juin 2019

V-V / Grind Stormer

Mini test de V-Five / Grind Stormer (Megadrive)

dans le cadre de la série Des Shmups plein les dents introduite ici
ou "mon assaut héroïque du leaderboard de Shmup.com"
-consultez mon profil ici-


Il y a des fois, il faut savoir accepter ses erreurs, battre sa coulpe, se flageller d'orties fraîches, se nettoyer le visage à l'urine en place publique.
J'avais il y a quelques années, intégré un micro-test de V-Five à mon dossier sur les shoots verticaux de Toaplan. Que j'avais conclu avec l'avis final "Bof".
Des amis (Sgroulbite et Mug, pour ne pas les citer) m'ont convaincu d'y remettre le nez, et ils avaient raison: "Bof", c'était quand même pas rendre justice au jeu.

L'oeuvre de la vieille garde de Toaplan et des nouvelles recrues qui créeront Batsugun. Et ça se ressent effectivement!

L'erreur ne vient pas de nulle part, cependant: le jeu a bel et bien de quoi rebuter. Les ziques ne sont pas les meilleures compositions de l'éditeur à l'origine, mais elles sont transposées convenablement sur MD. L'animation galère un peu à afficher le chaos qui agite l'écran, mais dans l'ensemble je pense que le 68000 est mis à bon usage. Le premier, et finalement seul vrai défaut, c'est l'adaptation graphique réalisée par Tengen. Là encore, le jeu original ne présentait pas le plus bel environnement visuel chez Toaplan... Mais la transposition fait quand même pitié, avec des associations de couleurs criardes, des contrastes qui ne génèrent aucun relief, et une impression générale de fadeur laide et sans profondeur. Ca n'est sans doute pas sans raison, mais quelle que soit la difficulté technique qui pourrait excuser ce résultat, un fait demeure: n'importe lequel des Toaplan qui l'ont précédé sur Mega Drive (hormis Slap Fight, lui aussi adapté par Tengen) s'en tire incomparablement mieux.
Le deuxième point qui m'avait rébuté, c'était la difficulté grotesque du jeu. Sur laquelle je dois quand même revenir, à la fois parce qu'il s'avère qu'elle n'est pas injuste, et parce qu'elle sert en fait remarquablement le système de scoring.



Scorabilité: Exceptionnel
Et quand je dis "système", je devrais le mettre au pluriel car en réalité chacun de deux modes de jeu, hérité de ses deux versions en arcade (V-Five / Grind Stormer), présente des spécificités suffisamment fortes pour être appréhendé différemment.
V-Five est celui que j'avais essayé le plus il y a quelques années, et celui que j'aime le moins. On y équipe son vaisseau comme dans Slap Fight (avec une barre à la Gradius) en gérant ses bonus autour de la préservation du Shield du vaisseau. Survivre permet d'encaisser un paquet de points en fin de niveau.
Grind Stormer combine un fonctionnement plus habituel (power ups et armes sont lâchés par les ennemis, et le vaisseau dispose de bombes) à un système de scoring original, avec beaucoup de points à ramasser au sol, et un compteur qui grimpe en continu lorsqu'on a atteint le compte maximum de bombes en soute.
Dans un cas comme dans l'autre, l'exercice est de mise, et, à cet fin, Tengen a eu la bonne idée d'intégrer une fonction Training dans les options (un level select, en fait). Les marges de progression  sont en effet d'autant plus importantes que la difficulté intègre un ranking (une augmentation de l'opposition selon le succès du joueur) qui la rend complètement diabolique!

Pour l'instant, j'en suis là. Notez qu'il y a un vrai tableau des hi-scores, ce qui est trop rare sur console.


Verdict général: Bon
Il est difficile de donner un verdict sur ce jeu, qui fait partie de ces rares cas où l'appréciation pourra aller de "à chier" à "trop de la balle". Je pense que l'immense majorité des joueurs aura la même réaction initiale que moi, à savoir être rebuté par la laideur et la difficulté du titre. Seule une niche d'amateurs de scoring acharnés et de fans de Toaplan y trouveront à mon avis leur compte, avec la satisfaction supplémentaire de jouer au chaînon entre Tatsujin et Batsugun sur leur bonne vieille Mega Drive.



mardi 28 mai 2019

Task Force Harrier EX

Mini test de Task Force Harrier EX (Megadrive)

dans le cadre de la série Des Shmups plein les dents introduite ici
ou "mon assaut héroïque du leaderboard de Shmup.com"
-consultez mon profil ici-


Task Force Harrier EX, voilà encore un jeu qui tendrait à démontrer que c'est dur de faire un mauvais shoot. Le jeu d'arcade original a été développé par NMK (P-47: Phantom Fighter, USAAF/Fire Mustang, Operation Ragnarok / Zed Blade...) , que je commence à associer aux mots "réalisations moches mais gameplay pas mal", et porté sur MD par Treco - que j'associe depuis longtemps à "adaptations dégueulasses" (Street Smart, Atomic Robo Kid, Kyukyoku Tiger).
Il y a de quoi trembler, et pourtant... 

NMK x Treco. Une association qui ferait sans doute réfléchir l'assemblée d'Alabama.


Scorabilité: Bon
Pour commencer, le jeu ne foire pas l'épreuve du score: pas vraiment d'épisode infini (sauf à vouloir prolonger des bosses pour des queues de cerises), pas de projectiles destructibles à milker jusqu'à plus soif, pas d'aberration quelconque - en tout les cas, j'ai pas trouvé.
D'un autre côté, pas grand chose de spécial non plus pour départager les plus hauts scores; à partir du moment où on finit le jeu en un crédit, les derniers points se jouent à la marge.



Verdict général: Pas mal
Le jeu est d'une laideur assez navrante. De bons bruitages auraient pu donner un peu de pêche au truc; manque de bol ils sont eux aussi assez ridicules. Les ziques plutôt quelconques ne rattrapent rien; au moins elles ne sont pas désagréables. Pour parachever l'affaire, le scrolling (100% monoplan et sans déplacement latéral) est lent et même pas fluide, et ça ralentit sec quand on a le plein d'armement et d'ennemis à l'écran. La magie du combo NMK/Treco opère donc à plein!
Et pourtant, ça se laisse jouer. Le système d'armes est pas trop bancal et ne déséquilibre pas la progression (sans checkpoint), la petite scénarisation des missions et leur alternance entre haute et basse altitude donne un petit peu de variété (à défaut d'être extraordinairement mise en scène), et surtout... Il y a de la bonne boulette. Ca canarde bien, façon Toaplan, et ça arrose carrément sec en Hard - au prix des ralentissement susmentionnés.
En parlant de difficulté, justement: le jeu s'avère franchement pas mal, avec 3 niveaux tout à fait bien ajustés et qui donneront leur dose à tout le monde. Je n'ai 1 crédité qu'en Easy; je verrai bien si je persévère plus tard, car pour l'instant il faut bien avouer que des jeux autrement plus alléchants me tendent les bras. Dommage qu'il soit mal torché, donc, ce Task Force Harrier EX, parce qu'il montre suffisamment de savoir-faire pour s'y amuser.