samedi 10 décembre 2016

Ninja Spirit


Ninja Spirit (Irem)
Test rapide de Ninja Spirit sur: PC Engine (1990, Irem)
Sortie originale: Arcade (1988, Irem)
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Il y a quelque chose de pourri au royaume des Ninjas...


Faire un test de Ninja Spirit, c'est un peu un cas de conscience. Le jeu a une vraie charge affective chez les fans de PC Engine, car c'est sans doute le titre qui a le plus marqué le lancement du système en France. Les screens du jeu s'étalaient dans les magasines et faisaient envie, à une époque où le coeur des amateurs d'import japonais balançait entre la Coregrafx et la Megadrive. Pour ceux qui ont penché pour la première, on se doute que ce jeu-là aura toujours une place particulière.

Combien de fois vous l'avez vu en photo celui-là? Eh ben ça fera +1

Même chose pour les fans d'Irem, dont ce titre est resté emblématique de la période dorée. Il faut dire aussi que cette adaptation est particulièrement réussie, et est resté une des plus belles réalisations HuCard - à l'époque (1990) elle faisait partie de celles qui marquaient clairement qu'on était passé à une autre génération de consoles de salon.
L'atmosphère macabre et fantastique qui est développée au fil des sept niveaux mérite elle aussi une mention particulière; elle demeure un des gros points forts du jeu maintenant que d'autres de ses atouts ont un peu pris la poussière.

Des gros zombies au clair de lune - une occasion (rare) de préférer les shurikens.

Alors pourquoi ne pas lever les bras au ciel et s'enthousiasmer bruyamment en faisant tourner son string autour de son doigt?
On pourrait pinailler sur l'arsenal de quatre armes pas franchement équilibré - mais le vrai souci de Ninja Spirit, c'est sa longévité.
Ce jeu est sans conteste une belle expérience, mais c'en est une qui malheureusement se termine  sitôt qu'on a commencé à l'apprécier. En cause: une difficulté bancale, et ce, quel que soit le mode de jeu choisi. L'avancée se fait selon le procédé de "l'essai/décès", un peu à la Ghouls 'n' Ghosts: en gros, on crève beaucoup, mais comme on a une infinité de chances pour réussir, on finit par y arriver (surtout que le parcours peut se torcher en 20 minutes une fois qu'on est fortiche).

On passe quasi tout le jeu suivi d'une ou deux ombres, qui sont autant de multiplicateurs d'attaques.

Du coup en mode "PC Engine", le jeu se plie dès le premier jour.
Et en mode "Arcade"... On n'a en fait pas envie d'essayer le plier, vu qu'on a déjà vu tout le jeu autrement, et que la disparition des points de vie au profit du "un-coup-on-meurt" est pour le coup d'un hardcore qui a de quoi dissuader.
Idéalement, donc, il faudrait d'emblée se discipliner et aborder le jeu en mode PC Engine-1 crédit, dans la bonne vieille tradition des jeux d'arcade, dont après tout Ninja Spirit est un pur produit. On aurait donc mauvaise grâce à lui reprocher d'y être fidèle, mais il n'empêche que cette difficulté mal équilibrée est un vilain défaut qui gâchera sans doute la fête à qui se procure le jeu aujourd'hui.

Le sabre peut dégommer les projectiles ennemis. Sa cadence et son arc de frappe en font la meilleur arme défensive.

Que dire au final pour résoudre mon cas de conscience?
Ninja Spirit sur PC Engine, c'est un super jeu d'arcade; si vous êtes un vieux de la vieille qui l'a connu à l'époque de sa sortie, vous ne m'aurez pas attendu pour vous en procurer un exemplaire tant c'est un titre emblématique et sentimentalement incontournable. Si ce n'est pas le cas en revanche, et que vous l'abordez sans lien particulier avec lui, vous risquez être déçu par sa faible durée de vie (surtout étant donné combien vous avez des chances de le payer), à moins d'être le genre de maniaque à bien aimer tourner et retourner un jeu dans tous les sens jusqu'à le maîtriser à la perfection.


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